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Electrosensibilité : le mal invisible

Dans sa petite maison de Dordogne, Mireille essaie de vivre normalement en dépit de la gêne permanente que lui occasionne les appareils électriques. Un handicap d'autant plus difficile à assumer qu'il n'est pas toujours reconnu et se heurte au scepticisme ambiant

 
Par Pascal Faiseaux

 

Tout comme l'électricité, l'electrosensibilté n'est pas visible. Mais les personnes qui en souffrent, elles, n'ont malheureusement aucun doute quand à sa réalité et à ses effets sur leur personne. 

La sensibilité électromagnétique (ou syndrome HSE, pour hyper-sensibilité électromagnétique) se révèle lorsque la personne ressent des effets plus ou moins marqués en présence champs électromagnétiques. Un seuil de tolérance bien inférieur aux taux mesurables d'exposition du public généralement admis, en présence de lignes haute tension par exemple.

Pour ces personnes, la simple présence d'un appareil électrique en fonctionnement, de wifi ou bluetooth, d'un four micro-ondes peut se révéler source de souffrance.

Des symptômes reconnus par l'Organisation Mondiale de la Santé qui constate chez les personnes exposées la présence de troubles dermatologiques, rougeurs, picotements et sensations de brûlure, de fatigue, et difficultés de concentration, d'étourdissements, nausées, palpitations cardiaques et troubles digestifs.

Mais ce qui empêche la reconnaissance pleine et entière de cette "maladie", c'est que la relation de cause à effet n'est pas clairement établie. Ces symptômes ne font partie d'aucun syndrome reconnu jusqu'alors et aucun lien incontestable de causalité avec l'exposition aux champs et ondes électromagnétiques n'a pour l'heure été établi... Des tests à l'aveugle auraient même démontré que les hypersensibles ne pouvaient pas distinguer une exposition aux champs électromagnétiques réels d'une exposition simulée.

Doit-on pour autant nier la réalité de la souffrance ? Pour les personnes atteintes en tout cas, le mal est bien tangible et le stress généré en présence de ces champs electromagnétiques suffisant pour gâcher le quotidien.

Et il n'est qu'à voir les changements de position de la médecine et de la société au travers des années pour ne pas crier trop vite à la supercherie.

Avant d'écarter trop vite comme une vaste blague le problème de l'exposition aux phénomènes électriques, rappelons-nous les années insouciantes (et parfois très récentes) pendant lesquelles la pollution, les allergies, le tabac, l'alcool, le stress, l'amiante, le harcèlement et les même l'ensemble des problèmes psychologiques ne posaient guère question..